11.08.2008

Deuxieme recit: Perou-Bolivie

Notre nouveau site Web (qui fonctionne cette fois): www.voyagemelaniestuart.blogspot.com
Les photos: http://picasaweb.google.com/atanaeldecyrdee

C'est avec beaucoup de retard que je vous envoie les nouvelles de Cuzco (Perou) jusqu'au bout de la Bolivie. C'est que le rythme du voyage, des decouvertes et des rencontres ne permet pas toujours de prendre le temps de mettre en forme les recits promis.

C'est d'Ushuaia, donc, que je vous livre le deuxieme chapitre de notre petit periple autour de la planete, alors que cela fait presque plus d'un mois que nous avons quitte la Bolivie.

Cuzco est devenu un chancre a touriste, l'harcellement est permanent, et meme la prostitution y a fait une entree fracassante sous forme de jeunes filles vous offrant des massages a tous les coins de rue, a la maniere thaillandaise... Les batiments et l'architecture si typique du centre, eux, sont heureusement restes intacts, et les innombrables echoppes d'artisanat qui sont apparues permettent au voyageur de penetrer dans les beaux patios des vieux batiments colloniaux, jadis fermes, sous le pretexte de regarder l'un ou l'autre vetement ou objet fait a la chaine. Finie l'epoque des petites trouvailles originales, ce qui est aujourd'hui vendu au touriste semble presque partout etre tristement identique.

Si Cuzco etait le coeur et le systeme nerveux central du Tahuantinsuyu (l'empire Inca), les alentours immediats en etaient les autres organes vitaux. Et, parmi ceux-ci, la vallee sacree, allant de Pisac au Macchu Picchu, etait l'un des principaux.

A la maniere des anciens maitres des lieux, nous avons rejoint cette vallee sacree a pied en empruntant un antique chemin Inca passant par des paysages epoustouflants. Notre chemin, en compagnie d'un couple de sympathiques autostoppeurs quebecquois (descendu en stop depuis le Yukon), nous a enmenes depuis le petit site de Tambo Machay, fontaine sacree des Incas, a travers de hauts vallons couverts d'une herbe jaunie (la Puna) sur laquelle paissent alpagas, lamas et moutons, jusq'au joli petit site de Huschuy Cozco qui domine la vallee sacree. Sur ce vieux chemin inca bien conserve, nous avons sans doute passe notre nuit la plus froide sous la toile, a 4200m d'altidute par moins assez que pour couvrir la tente et les allentours de glace.

Quelques jours apres, le site de Pisac se livrait a nous, un site multiple mellant a la fois le sacre et le millitaire a la maniere inca. Un site qui demeure sans doute la ruine inca qui m'est la plus chere.

Ollantaytambo, autre site majeur, viendra ensuite, premice et vestibule a la partie sauvage de la vallee, au fond de laquelle se cache le Machu Picchu. Enfin, se cachait jusqu'a sa decouverte en 1907 par un certain Hiram (Bingham), car depuis lors des hordes de touristes l'assaillent quotidiennement. Mais les hordes, comme les meutes, restent groupees, et le site, pour le voyageur qui n'a pas peur de s'ecarter un peu, demeure magique et somptueux. Une vaste ville en ruine, logee au coeur d'un decor epoustouflant, au millieu duquel on se prend a rever a d'autres villes cachees ou perdues, peut etre quelque cite d'or...

Laissant la capitale dechue de l'empire disparu derriere nous apres pres de trois semaines passees en son sein, notre petite bande (nos symthapiques autostoppeurs et nous) est descendue jusqu'au cote bolivien du lac Titicaca, a travers d'autres paysages formidables de l'altiplano, entre montagnes et plaines couvertes d'un tapis d'herbe doree jusqu'a l'or par le soleil, sous un ciel bleu fort et pur a travers lequel on peut presque appercevoir l'espace.

L'entree en Bolivie ne sera point fracassante, un changement de frontiere sans plus... Et Copacabana, notre premiere destination au bord du Lac sacre sera, hormis les delicieuses (presque divines) truites qui y sont servies, decevante a present. Le lieu, comme tant d'autres vus au Perou, est devenu un chancre a touriste. Il reste neanmoins le point d'acces a l'ile du Soleil, berceau des premiers incas selon la legende. Cette ile, et les eaux tres bleues l'environant, ressemblent etonnament aux paysages grecs des cyclades, mis a part le grand froid et le manque d'oxygene de ces lieux-ci. Le relief du Sud de l'ile est decoupe d'innombrables terrasses de pierres datant des incas ou d'avant, certaines encore utilisees, ce qui est, helas, devenu trop rare. Le hasard a voulu que nous y arrivions durant la fete anuelle de la communaute. Les femmes ont revetus leur plus belles jupes jaune canari ou bleu petant, et les hommes leur beaux chapeaux. Le biere et l'acool coulent a flot, les premieres goutes toujours versees au sol en remerciement a la Pachamama pour ses bienfaits. Mais avec le jour qui tombe et la biere qui coule, les coups se mettront a pleuvoir. D'abord entre deux protagonistes saouls, pour s'etendre a une grosse bande. Qu'importe les nez casses et l'hemoglobine qui en coule, de façon tres andine chaque goute de sang tombant a terre est considere comme la meilleure offrande qui puisse etre faite a la terre...

L'immense ville de La Paz, sommet de toutes les tensions sociales et economiques du pays, fut notre prochaine etape. Ses bidonvilles et sa zone "pauvre", nommee El Alto, se trouvent a plus de 4000 m d'altitude, dans le vent, le froid et le manque d'air, alors que ses quartiers chics, demeure des tres riches, sont, eux, a plus de 1000 metres plus bas... Chaque jours, de nouvelles cabanes de plastiques ou de toles apparraissent par dizaines a El Alto. La Paz, bien que n'etant toujours pas la capitale officielle du pays (qui est Sucre) est le concentre de tout ce qui se passe dans le pays, c'est ici que les ambassades etrangeres ont elus domicile, c'est depuis ses murs qu'Evo Morales, premier president indigene, et socialiste de surcroit, essaye de changer la destinee de la majorite de son peuple (compose a plus de 75% de "population native", terme politiquement correct pour designer la popultaion indigene). Devant les nationalisations, les programmes d'alphabetisations et de sante, et la re-legalisation de la feuille de coca (qui sert en fait a beaucoup d'autres choses que la seule production de drogue, et qui garde un immense role rituel et symbolique pour les peuples andins) mis en place par Evo, comme l'appellent affectueusement ses camarades, l'opposition des anciennes elites economiques est forte, parfois violente et souvent vicieuse. La reaction de ces gens face aux luttes et aux revendications sociales, qui ont finalement conduit Evo a la presidence, a laisse de nombreux stigmates sur les murs de la ville, a tel point que de nombreux impacts de balles sont encore visibles sur les batiments de la place principale. Aujourd'hui leur resistance prend des formes nouvelles: blocages des marches economiques, des routes, ..., et creation ou soutient des mouvements autonomistes (et plutot bourgeois) des provinces les plus riches, avec la benediction de l'oncle Sam.

La pollution de la ville devenant vite irrespirable, le chemin de Coroico et des Yungas, ces vallees descendant des hauteurs vers la pampa et la jungle (beaucoup plus basses), s'est impose a nous. Nous y etions en pleine zone "traditionelle" de production de la coca. Un jour, devant l'annonce d'une visite surprise du president, plus de 6000 personnes venues des communautes alentours se sont reunies au pied leve pour saluer ce camarade qui a rendu aux producteurs de la feuille leur fierte. Je m'etais joint a eux, et, une fois la mefiance qu'inspire pour eux ma tete de gringo passee, le contact devint chalereux et fraternel, et les discussions sur le socialisme d'ici et d'ailleurs passionnantes... En dix ans, ce peuple, qui avait jadis lamentablement re-elu Hugo Banzer (ancien dicateur prenant conseil aupres de Klaus Barbie, le nazi), s'est transforme. Il s'est incroyablement politise. Il a pris, semble-t'il, conscience de ses interets propres, de ses forces, et de ses possibilites. Bon, c'est au moins ce que m'inspirait, a ce moment, l'enthousiasme et les dires de la foule reunie. Certains de mes interlocuteurs voulurent absolument presenter ce camarade socialiste venu de Belgique a leur representant principal... Le sous prefet principal de la region des Yungas, second apres le prefet (sorte de gouverneur de la region), etait un fort bonhomme tres sympathique et tres interressant, a la joue fortement deformee par une grosse boule de feuille de coca qu'il machait.
Helas, Evo ne viendra pas, et la deception de la foule de camarades fut enorme... Evo, en pleine campagne electorale pour un referundum sur l'unite du pays, quelle erreur!

Apres quelques jours de repos, nous reprimes le chemin de la pampa, pour arriver a Rurrenebaque, joli village situe a la limite des derniers contreforts montagneux et du bassin amazonien, sur les rives d'un fleuve m,ajestueux. La chaleur et le climat, apres les rudesses de l'altitudes furent vraiment bienvenus. Notre objectif etait d'aller decouvrir un peu la pampa (plaine semi herbeuse semi marecageuse, entrecoupee par de nombreux morceaux de jungle), et sa faune abondante. C'est en compagnie d'un couple de Tcheques fort sympathiques, que nous remonterons une riviere, situee en plein parc naturel, en pirogue a moteur. Nous y verrons une quantite incroyable d'aligators et de caimans (le plus grand depassant les 4.50m), d'oiseaux, de singes (capucins et hurleurs), et meme des dauphins roses d'eau douce. 4 jours et 3 nuits passes en pleine pampa, nous ont enchantes. Et l'experience finale, tres touristique certe, restera sans doute un des moments magiques de mon histoire personnelle: la baignade dans des eaux brunes au milieu des dauphins roses, jouant tout autour, la ou quelques minutes auparavant de nombreux aligators se doraient sur les berges...

Le retour a Paz depuis ce paradis tropical nous fera l'effet d'une teleportation vers le royaume des glaces eternelles. 19 heures d'un bus local, bonde et trop etroit, sur une piste infame pour plonger de 30 degres a moins 5, en arrivant a 4 heures du matin dans un des lieux les moins sur de la ville... C'est dire que la ville ne nous manquera point.

Potosi, notre destination suivante, est la vieille ville miniere coloniale par excellence. Situee a plus de 4000m au pied du Cerro Rico, d'ou furent extraits, du 17eme au 18eme, assez de minerai que pour construire un pont en argent massif d'ici a Madrid, c'est une ville qui brille par son architecture coloniale demeuree presqu'intouchee: De beaux edifices colores decores de moulures gravees ou sculptees, d'ou ressortent de belles terrasses couvertes faites de bois, lui aussi rempli de scenes ou de motifs graves, des eglises dont les porches et les portes etalent une richesse de gravures, statues et autres motifs fleuris, et d'anciens palais de vice-rois ou d'eveques espagnols convertis en musees. C'est qu'a l'epoque de sa gloire Potosi etait plus grande que n'importe quelle ville du monde connu (entendez d'occident).
Aujourd'hui la ville reste un centre minier d'importance et le cerro rico (montagne riche) domine toujours la ville de sa masse imposante, quoi que les filons d'argent se fassent de plus en plus maigres. Pour quelque sous, un ancien mineur reconverti en guide touristique enmene les voyageurs au coeur du labyrinthe souterrain, l'antre du Tio, maitre de l'inframonde qu'il faut accomoder par quelques offrandes, d'alcool, de coca et de tabac.
Cette visite est sourtout l'occasion de se rendre compte des conditions de travail inhumaines dans ce gruyere geant, et de rencontrer les mineurs qui en vivent. Ceux-ci, pour quelques dons de coca, d'alcool, de tabac ou de dynamite, expliquent bien volontier leur vie et leur ouvrage. Ils peuvent travailler jusqu'a 20 heures par jours pour arriver au quota de minerai qui leur est impose, filtrant, selon eux, l'air vicie en machant la coca, pour un salaire de 80 a 180 dollars par mois... Rares sont les mineurs qui vivent vieux, et dire que les patrons (d'anciens mineurs reconvertis) des "cooperatives" minieres gagnent, eux, de 5000 a 8000 dollars par mois! Ceux-ci, a la maniere des barons de la drogue en colombie, n'hesitent pas a s'exhiber dans les 4x4 americains les plus chers (Hummer et autres). Afin d'en finir avec ses cooperatives qui n'en sont plus, le gouvernement pense serieusement re-nationaliser les mines de Potosi.

Apres les mines d'argent, nos pas prendront la direction du gigantesque Salar d'Uyuni, immense lac sale situe au coeur des andes. Region la plus fantastique, litteralement, du monde a mes yeux, le sud-ouest bolivien est un ecrin d'etranges merveilles naturelles. Le salar lui meme en est le coeur, etandue de sel enorme, grande comme un tiers de la Belgique, a la surface decoree de polygones emboites les uns aux autres sous l'effet physique des cristaux de sel. Viennent ensuite volcans parfaits et monts anciens aux couleurs melant l'ocre, les roses, les oranges, les beiges et les rouges, lagunes colorees, vertes, blanches et rouges, dans lesquelles se baignent de nombreux flamands (roses), d'etranges formes de pierres, qui donnent l'impression d'etre les ruines d'une antique civilisation de geants ou d'atlantes, sculptees sous l'effet de l'erosion eolienne. Le tout agremente de mirages incessant, de troupeau de vicognes (sorte de petit lama sauvage a la laine precieuse), et de sources thermales et de geysers.

C'est en passant a travers ces paysages dignes, ici, de Mars, la bas, de Jupiter, et ici encore, de Neptune, que nous franchirons la frontiere vers la Chili.

Pour les impressions generales, certaines sont deja coulees dans la partie superieure du texte, mais la Bolivie a beaucoup souffert et souffre encore. Certains endroits, comme l'Ile du soleil et Copacabana sur le lac Titicaca, qui etaient de hauts lieux de rencontre et d'accueil, ont perdu beaucoup de leur authenticite sous le deluge de touristes, pour se metamorphoser, helas, en repaire de vampire a fric.

La Paz, qui m'etait si chere apres mon premier periple, a perdu toute grace a mes yeux. Un flot incessant et incontrole de vehicules en plus ou moins mauvais etat engendre une polution piquant les yeux et les bronches. Ville la plus sure d'Amerique du sud il y a 10 ans, il est devenu tres imprudent de s'y promener tard. Agressions et anarques en tout genre sont, ici, des histoires tristement communes aux dires meme des habitants. La Paz, n'est plus, non plus, le lieu des bonnes affaires d'antant, l'artisanat est partout uniforme a celui du Perou. L'antipathie envers les gringos y est devenue tres forte (visant surtout les nord americains, mais tous les blancs bien blonds y sont vus comme tels), a tel point que les Chulitas (femmes aymara en habits traditionnels, jupes bouffantes et chapeaux melons) refusent regulierement de vendre ou de negocier leurs marchandises avec les etrangers, parfois meme dans des magasins touristiques, usant a l'ocasion d'insultes pour ce faire...

Le pays est regulierement en proie a des blocages routiers generaux qui paralysent les pays des jours, voire des semaines, durant, le plus souvent fruits de syndicats de gros proprietaires, transporteurs ou producteurs, mecontends des reformes d'Evo Morales qui risquent de diminuer substanciellement leurs benefices. Par chance, nous sommes passes entre les goutes de l'orage.

Il y a un tel probleme de transport de personnes, quand les transports peuvent passer, que les bus sont bondes, des sieges fantomes (qui n'existent pas) sont vendus a d'infortunes pigeons, le droit d'occuper un morceau de couloir est vendu aussi cher qu'un siege, et dans le bus allant jusqu'a Potosi, le chauffeur avait vendu des places "en soute" pour 4 ou 5 passagers. Pauvres eres qui ont passes 12 heures de route entasses dans la soute, comme du betail!

Pourtant il y a aussi du positif! Une partie grandissante de la population se politise comme je le disais plus haut, prenant conscience de son rapport de force de classe. Les nationalisations commencent a faire rentrer d'importants dividendes au pays, et les campagnes d'alphabetisations et de sante portent leurs premiers fruits.
Les conditions de travail des mineurs, qui, si elles restent inhumaines, se sont legerement ameliorees en 10 ans. Tous les mineurs que nous avons vu ont des casques, des combinaisons et des lanternes electriques a present (contre de simples chapeaux de cuir bouilli et des lanternes a flammes lors de ma premiere visite).

L'espoir, pour une grande partie de la population, s'appelle MAS (litteralement: PLUS), le Mouvement Au Socialisme. Mais le MAS, et son president Evo Morales, vont bientot affronter leur plus grand challenge democratique: Le referundum pour ou contre l'autonomie des provinces faisant suite a la declaration d'independance surprise de la province de Santa Cruz (plus grande productrice de richesses et d'entrees financieres du pays). Si l'unite l'emporte, Evo pourra continuer les reformes. Sinon le pays replongera dans un chaos indescriptible dans lequel les perdants sont deja connus...

04.06.2008

1ere nouvelles depuis le Perou

Voilà, cela fait un peu plus d’un mois que ma compagne, Mélanie, et moi avons quittés la Belgique pour entreprendre notre petit périple autour de la planète.

Le voyage, jusqu'à présent est arrive comme une remise en perspective salutaire par rapport a nos projets de vie, a nos emplois, a nos idées (certaines parfois préconçues), a nos style de vie, … 

Nous sommes a Cuzco pour l’instant, ancienne capitale de l’empire Inca, et capitale du tourisme sud américain.  C’est un endroit magnifique, avec son architecture espagnole bâtie au dessus des anciens murs incas, situe au milieu des andes. Mais c’est aussi un endroit de tension entre les hordes (et le mot est faible) de touristes, dont certains étalent sans gêne leurs gros dollars, les nombreuses personnes, toutes concurrentes entre elles, espérant en tirer un revenu plus ou moins grand, et les personnes encore plus nombreuses qui vivent loin en dessous du seuil de pauvreté dans un ville qui a vu presque toutes ses entreprises fermer les unes après les autres. Seule reste une grosse brasserie qui produit une bonne bière, La Cuzqeña.

Depuis notre départ, le périple a vraiment bien débute, d'abord par New York, puis par le Pérou.

New York est une ville incroyable qui fait passer l'humain pour une fourmi.

Une ville de frontières invisibles qui font passer le badaud, d’un coup de baguette magique, d’un quartier purement italien a un quartier chinois, puis grec…  Chacun comportant ses enseignes dans son alphabet ou sa langue, chacun avec son caractère propre, chacun n’étant sépare de l’autre qu par une mince coulée d’asphalte et quelques feux rouges.

New York est cet immense mélange en mouvement perpétuel, c’est comme me le disait un autre voyageur, une amphétamine qui vous entraîne dans les innombrables rouages d’une ville horloge qui ne peut s’arrêter sous peine de danger de mort. 

Cette ville gigantesque c’est pourtant aussi une myriade de petit geste d’entraide quotidienne entre des gens qui savent qu’on ne survit pas seul dans la fourmilière.

Ces quelques lignes ne lui rende pas justice!

Et pour le Pérou, eh bien, nous avons déjà eu la chance d'aller assez loin dans la jungle a la découverte de citées perdues, d'en voir d'autres moins perdues mais situes dans des paysages absolument splendides...
 
A peine arrives a Lima, nous avons tout de suite pris un vol vers Chiclayo, une ville du nord du Pérou, ou nous sommes restes deux jours avant de repartir vers Chachapoyas, une ville très isolée et très paisible, situe dans une région pleine de ruines perdues et splendides, que j'avais adorée lors de mon premier périple.  Nous y avons fait un trekking-expedition dans la jungle montagneuse afin de voir quelques ruines très peu visitées.  Des ruines dans lesquelles il faut progresser a la machette. Nous y avons visite aussi l'immense citadelle de Kuelap, la plus belle ruine du Pérou a mon goût, dans laquelle nous étions seuls.
J'ai aussi eu l'immense chance de retrouver quelqu'un que j'avais rencontre il y a 10 ans lors de mon premier voyage, et nous avons mage avec lui et son épouse, qui nous ont invite chez eux.
 
Depuis lors nous avons visite plus de ruines encore (pauvre Mélanie), vu de magnifiques paysages, et pris des bus assez sommaires sur des pistes infâmes mais passant au cœur de lieux d'une beauté a faire pleurer.
 
Nous sommes passes a Cajamarca, la ville ou les espagnols ont capture et ensuite exécute le Atahualpa, le dernier empereur inca, et ainsi détruit la civilisation sud américaine, puis a Trujillo, le berceau des Civilisations Mochicas et Chimu, une ville champignons qui grossi presque a vue d’œil.  Ensuite pas Huaraz, située au cœur de la cordillère blanche, collection envoûtante de hauts sommets enneiges abritant Chavin de Huantar, le point de départ du premier horizon culturel du Pérou, 1000 ans avant notre ère.

Pour enfin arriver ici, en passant par Lima, après de nombreuses rencontres, de nombreuses surprises, découvertes et redécouvertes.
 
Bon, pour les impressions générales, le Pérou a immensément change.  Internet et le GSM sont arrives en force.  A tel point qu'a un moment, en mangeant chez des vieux paysans vivant loin de l'électricité, de la piste et du téléphone j'ai halluciné quant ils m'ont demande ce que je pensais d'internet.  Je suis aussi encore chaque fois surpris quand une indienne dans ses habits traditionnels sort un GSM pour appeler. 
Le trafic a explose partout et il faut faire extrêmement attention avant de traverser n'importe quelle route.  Le cri du klaxon est devenu le bruit le plus fréquemment entendu la ou passe la route.
Les routes et les pistes carrossables ont conquis plus de terrains ces cinq dernières années que durant tout le siècle précédent, amenant avec elles les avantages du progrès technologiques (électricité, eau, téléphone, aide médicale et débouches pour les produits locaux) ainsi que les maux du capitalisme (Coca cola, produits de consommations et de luxes, spéculations sur les terrains des agriculteurs, afflux de touristes parfois pas vraiment bien intentionnés, une hausse du cout de la vie, énormément de dettes et un exode rural assez dramatique s'en suivant).
 
La ville de Chachapoyas est restée assez fidèle a elle même, ayant juste vu l'apparition des feux rouges, de quelques agences touristiques encore assez débutantes, et de quelques cafés internets.  Le cinéma, lui, a disparu...
Cajamarca, elle, a change énormément sous les coups de l'ouverture en 2000 d'une des plus grandes mines d'or. Une grosse bourgeoisie s'est développée ( avec tous les magasins qui vont avec) qui côtoie de plus en plus de gens partis des campagnes pour essayer de survivre, et qui sont réduits a la misère le plus dures et a faire la manche ou les poubelles...

Trujillo est un champignon qui englobe tout sur sont passage, en agglutinant une population énorme qui ne cesse de fuir les campagnes a la recherche d’une improbable vie meilleure.

Huaraz, jadis la petite suisse du Perou, s’est enlaidie sous les coups de boutoir d’une absence totale de règles d’urbanisme, et de l’arrivée massive de devise depuis l’ouverture de mines gigantesques (comme a Cajamarca).

Lima s’étale sur de kms et des kms, reléguant les derniers exiles venus s’y perdre dans des faubourg insalubres toujours plus éloignes du centre, et du travail.
 
Pourtant, le pays est encore sublime, mais en pleine tension et avec une croissance démographique forte...  Je ne sais pas comment ils vont faire.
 
Le voyage est donc bien commence, avec son lot de découvertes (ou de redécouvertes), de questions, et de remise en question...

A la prochaine, que tout aille bien pour vous…

Stuart

P.S. Nous ne pouvons malheureusement pas accéder a notre site internet depuis le Pérou, et donc pas le mettre a jour avec d’autres croustillants récits, et photos… Désolé.

22.11.2007

Bande de cons

Bande de cons !
pas vous !
Les autres, les formateurs, informateurs, explorateurs, chef de groupe, président de partis flamands, présidents de partis francophones, second couteau, troisième couteau, de gauche, de droite, les cathos, les écolos, les libéraux...
Bande de cons de Flandre
Bande de cons de Bruxelles
Bande de cons de Wallonie.
D'abord à tous ceux qui croient avoir gagné les élections d'il y a 5 mois.
A tous ceux qui avaient un grand sourire
A tous ceux qui avaient les bras en l'air.
Le temps est venu de vous avouer quelque chose :
Les gens n'ont pas voté pour vous parce qu'ils vous aimaient.
Les gens ont voté pour vous parce qu'ils étaient obligés.
A la veille du onze juin : dans les rues, les maisons, les bureaux, les gens hochaient la tête et se demandaient vraiment qui ils allaient pouvoir choisir parmi ce catalogue de nuls, de klets, de nouilles,
d'opportunistes agressifs,
de carriéristes sans charisme,
de mal fringués,
de gros type à l'élocution problématique,
de petit nerveux en pleine tendinite de l'égo,
de semi-hystériques,
de semi-mafieux,
de cyniques,
de je-m'en-foutistes,
de ratés de tout le reste,
de fils à papa,
d'experts comptables en décrochage professionel
d'entrepreneurs en faillite frauduleuse,
de sinistres,
de pas lavés,
de faux gentil
de vrais méchants...
Les Leterme, De Krem, Reynders, Milquet, Michel, De Weaver, Maingain, Watelet, Bacquelaine...
Cette morbide collection de névroses qui nous gouvernent avec leur troubles anxieux, leur roubles dissociatifs, leurs troubles psychosexuels,
leur troubles obsessionels compulsifs.
Et en plus, ils sont tous... Si moches...
Cette élection, à tout le monde, ça a un peu fait l'impression d'un de ces mariages forcés que l'on organise dans des pays très loin d'ici.
C'est comme si on avait été une jeune fille devant choisir entre le vieux marchand qui pète au lit où l'arrière cousin qui ne se brosse pas les dents.
Bande de cons
Vous n'avez rien gagné du tout.
Si c'était possible, on reprendrait nos voix et on ne les donnerait qu'après les négociations, à ceux qui auraient su être un peu intelligent
un peu sobre
un peu humain
Mais non, donner c'est donner, reprendre c'est voler.
Vous aviez un chouette petit pays,
pas très grand mais bien équipé,
de voisins plutôt sympas,
bien situé
avec la mer,
avec la forêt,
avec pas trop de charges.
Vous aviez une chouette petite population,
pas parfaite parfaite.
Mais en gros, ce n'était pas des talibans non plus,
c'était pas des Contras
C'était pas des Tigres Tamouls
Une petite population de fabricant de pralines
des marchands de kayak,
des chanteurs à texte
des comiques parfois drôles
des stylistes un peu punk
des postiers plutôt polis
des sportifs en minijupe
de flics à moustaches
des tas de gens prêt à travailler plus à gagner toujours moins et à ne pas dire grand chose.
Une petite population qui mélange le goût des mandarines à celui des spéculoos.
Une petite population qui n'a rien contre l'Eurovision ni les horodateurs.
Une petite population qui rend visite à ses grands parents le dimanche pour boire un café après le chicon gratin
Une petite population de buveur de bière et de joueur de kiker.
Une petite population qui emmène ses enfants à Plakendael au printemps et à Paradisio en hiver....
Comme ça, sans ennuyer le monde, en VW touran.
Une petite population prévoyante qui a quelques euros sur un compte épargne et un concession au cimetière.
Une petite population qui est plutôt toujours d'accord
et en gros une petite population qui ne veut pas d'histoire.
Et vous,
bande de cons,
tout ce que vous trouvez à faire,
ce sont ces petites réunions où l'on tourne encore plus en rond que sur un circuit Marklin
ce sont ces petits comités aussi stérile qu'un champs de patates à Tchernobyl
ce sont ces petites réactions à chaud qui me rappelent les crises de mon chat quand il n'aime pas la marque de ses croquettes
ce sont ces airs de petits tribuns en solde
ce sont ces grands chevaux sur lesquels vous montez et qui seront toujours comme ces petit poneys tristes de la foire du midi.
Tout ce que vous trouvez à faire, c'est de vous tirer dans les pattes pour gagner une floche qui vous donnera droit à un tour gratuit sur ce manège sinistre que vous appelez "politique"

Bande de nuls
Alors moi,
J'ai eu une idée,
une grève,
une vrais grève,
une bonne grève
une grève de tout le monde tant que la politique belge ressemblera à une conserve de rollmops :
Les enfants n'iront plus à l'école
Les femmes enceintes n'accoucheront pas
les déménageurs ne déménageront pas
Naveteurs ne navetez plus
Alcooliques n'alcoolisez plus
chauffeurs ne chauffez plus
Pilote, mécanicien, traiteur, boucher, pêcheur, éboueur, esthéticienne,
taxidermiste, stripteaseuse, scaphandrier, géomêtre expert, fleuriste,
traiteur, opticien, huissier, substitut, gourou, préfet, trésorier,
banquier, infographiste, ajusteur, analyste programmeur, technicien
hotline, proxénète, dealer, animateur, orthodontiste, urologue, animateur
socioculturel, fossoyeur...
Et tous les autres....
Total Stand By
On arrête tous...
Et vous verrez que dans trois jours,
il feront moins les malins.

(Thomas Gunzig)